"Retirer, tirer, retirer, tirer..." (c) CotCotCot éditions.
Les anchois dansent à l'Opéra de Paris. (c) CotCotCot éditions.
L'excellent rapport texte-images de l'album permet au lecteur de se régaler des images, de déguster les textes et de quasiment agir dans l'histoire. En même temps qu'il apprend à préparer les anchois pour le bouillon du soir, il devinera qui est à la manœuvre grâce à la taille des mains représentées. Il se glissera dans l'imaginaire du décortiqueur junior pour suivre les exquises variations sur les occupations des anchois. Occupations imaginaires pleines de fantaisie, d'autant plus goûteuses. Il tirera et retirera jusqu'à se tromper, se rattraper et réparer. Il tirera et retirera jusqu'à la phrase qui libère le duo: "Ça y est! On a fini!"
Préparation intergénérationnelle. (c) CotCotCot éditions.
Entre en scène celle qui va cuisiner le "myeolchi guksu" dont la prononciation est précisée. Un bouillon qui nécessite encore divers autres ingrédients avant d'arriver, bien mijoté, dans les bols de la famille attablée. Des bols qui seront vite vidés et feront apparaître des sourires de gourmandise apaisée.
Cuisiner en famille. (c) CotCotCot éditions.
Excellent album que ce "Préparer le bouillon" qui joue sur le registre du réel, on prépare le plat en famille, toutes générations confondues, comme sur celui de l'imaginaire avec les occupations des anchois. Les deux dans de charmantes et illustrations. Les étapes de la recette apparaissent sous la forme de dessins aussi épurés qu'efficaces sur fond blanc. A noter le jeu très subtil dans la représentation du duo acteur dans les doubles pages. En simple, en double, en simple, en double, puis immensément multiplié pour mieux donner l'impression du temps nécessaire, avec autant de micro-événements associés. A part la découpe des légumes, la cuisson et la dégustation du bouillon se font, elles, en vues non multipliées de la famille, ralentissant le tempo des pages jusqu'à la finale. Contraste avec les pages qui racontent les anchois: à bords perdus et sur fond gris, elles sont hyper remplies: dessins, textes, collages, slogans, extraits de journaux, dialogues, autant de saynètes vitaminées. Un contraste entre le vide et le plein très réussi qui donne rythme et surprises. L'album se termine avec un poème coréen sur les anchois et quelques explications de traduction.