L’Insulation. Nouvelles de Singapour

Par Henri-Charles Dahlem @hcdahlem

En deux mots

Julie Moulin s’installe à Singapour en pleine pandémie. Elle découvre l’humidité qui fait moisir le cuir. Les hippos qui ont soif, ces absorbeurs d’humidité. Les aras fascinants qu’on n’a pas le droit de photographier. Les déchets venus de la mer. L’impermanence des choses. Quinze nouvelles entre réel et imaginaire qui dressent le portrait d’une île étrange.

Ma note

★★★ (bien aimé)

Ma chronique

Une île bien étrange

En 2020, la romancière Julie Moulin s’installe à Singapour. Si sa situation d’expatriée ne s’ouvre pas sous les meilleurs auspices – nous sommes en pleine pandémie –, elle lui offre l’occasion d’observer l’île et ses habitants. Tous ses sens sont en alerte et vont venir irriguer ce recueil de quinze nouvelles.

Julie Moulin s’est fait remarquer par ses deux premiers romans, Jupe et pantalon (2016) et Domovoï (2019). Si elle a choisi un recueil de nouvelles pour sa troisième publication, c’est que ce genre convenait parfaitement à sa situation d’expatriée. Elle s’est installée à Singapour en 2020 et dresse un tableau subjectif de ce petit pays d’Asie. Plus fantasmé que réel, elle y laisse l’imaginaire prend le pas sur le réel.

« Moisissures », la première nouvelle, donne le ton. On y découvre ce qui attend tout nouvel arrivant à Singapour : l’humidité. Plus de 80 % toute l’année. Le cuir moisi. Les sacs, les ceintures, les chaussures se couvrent de champignons tenaces. « Au bout d’un ou deux mois, il fallait tout jeter. »

Pour lutter, la narratrice achète du charbon japonais. Puis des « hippos qui ont soif », ces boîtes en plastique contenant du chlorure de calcium. Elle commande par lot de soixante. Allume la climatisation. Devient végane pour compenser son empreinte carbone.

Mais un jour, derrière un tableau de Hopper représentant une femme seule dans une chambre d’hôtel, elle découvre « un champ bourgeonnant de moisissures, une pellicule cotonneuse allant du bleu roquefort au vert tendre en passant par le marron. » Combat perdu d’avance. L’humidité gagne toujours.

Dans ce recueil où « se côtoient le comique et l’angoisse, le banal et l’insolite, le réel et l’incertitude, voire l’absurde », Julie Moulin ne raconte pas Singapour de manière documentaire. Elle le fantasme, le rêve, l’inquiète.

Dans « Délit de photographie aggravé », on passe du vert au rouge. Le rouge d’un ara qui fascine la narratrice au point qu’elle le photographie malgré l’interdiction affichée chez l’oiseleur. Sa transgression l’entraîne dans une drôle de mésaventure. Le goût de l’interdit affleure aussi dans « Le singe et la noix de coco » et dans « Jules et Germaine », où un policier rencontre une serveuse dans des circonstances improbables.

Avec « Le radio-réveil » et ses digits qui se reflètent au plafond, on accompagne la narratrice dans une nuit agitée. L’objet reviendra dans « Nouvelle genèse », la dernière nouvelle du recueil, créant un écho troublant.

Lors d’une promenade sur la plage surgit « Le naufrage ». Dans le sillage des bateaux qui sillonnent les océans, une petite table en plastique a bizarrement atterri là, amarrée à un palmier. Petit objet, grand symbole. Les détritus deviennent personnages à part entière, indices d’un monde qui dérive.

Au cœur du volume, « L’Insulation », le texte qui donne son titre au recueil, est scindé en deux parties. On y retrouve encore cette montagne de déchets, confrontée aux injonctions et interdictions qui sont légion à Singapour. Car la cité-État règle tout, contrôle tout, interdit beaucoup.

Alternant entre courts textes et nouvelles plus longues, le recueil joue sur les rythmes et les impressions. Entre choses vues et imaginaire. Entre réalisme documentaire et fantastique du quotidien. « Invasions », en fin de volume, fonctionne sur le même registre que « Moisissures » : la découverte inopinée d’un élément perturbateur qui vient tout chambouler.

L’écriture de Julie Moulin sait rendre étrange ce qui paraît banal. Faire surgir l’absurde du quotidien. Ses phrases courtes, percutantes, créent un rythme saccadé qui mime l’étrangeté de l’expérience expatriée.

Ce recueil reflète les années passées à Singapour avec son mari et leurs trois enfants, des « années peu banales, parfois dystopiques, à la fois riches d’enseignement et dramatiques, déconcertantes et prodigieuses. » À Singapour, Julie Moulin apprend « l’impermanence des choses ». Rien ne tient. Tout moisit, se dégrade, disparaît.

Comme elle l’écrit dans ses remerciements : « La vie est étrange et tant mieux. » Cette étrangeté irrigue chaque page de L’Insulation. On y croise des personnages décentrés, bousculés, perdus dans une réalité qui leur échappe. Des expatriés qui tentent de s’adapter mais que l’île transforme malgré eux.

Julie Moulin construit un Singapour mental, intérieur, onirique. Un lieu où l’on ne sait plus très bien ce qui relève du documentaire et ce qui appartient au fantasme. Cette indécision fait tout le charme du livre.

Quinze nouvelles qui nous décentrent, nous bousculent, nous enchantent. Julie Moulin confirme avec L’Insulation sa voix singulière.

L’Insulation – Nouvelles de Singapour

Julie Moulin

Éditions Thierry Marchaisse

Nouvelles

160 p., 18 €

EAN 9782362803161

Paru le 22/01/2026

Où ?

Les nouvelles ne sont pas situées précisément, mais reflètent bien l’ambiance singapourienne.

Quand ?

L’action se déroule de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur

Les quinze nouvelles de ce fascinant recueil sont nées à Singapour, où Julie Moulin s’est installée en 2020. Elles disent le dépaysement, les liens, les transformations tandis que, sous sa plume, l’île elle-même se métamorphose. On y trouve des robots qui s’aiment et des hommes qui se prennent pour des perroquets, des femmes obsédées par l’humidité et d’autres qui font reculer les frontières du réel. Ici, l’actualité se transforme en parasites et des détritus emportent avec eux leurs secrets.

S’y côtoient le cocasse et l’angoisse, le banal et l’étrange, comme est étrange tout ce qui nous bouscule et nous décentre.

Les critiques

Babelio

Les Français.press (Boris Faure)

Julie Moulin présente L’insulation. Nouvelles de Singapour (Vidéo)

Les premières pages du livre

« On l’avait pourtant prévenue. C’était peut-être

même la première chose qu’on lui ait mentionnée. Avec plus de 80 % d’humidité toute l’année, le cuir moisissait. Les sacs, les ceintures, les chaussures se couvraient de couches tenaces de champignons, si bien qu’au bout d’un ou deux mois, il fallait tout jeter. À moins d’engager une bataille de longue haleine, requérant une vigilance de chaque instant et une remise en question d’idées communément  admises.

– Il n’y a pas plus écolo que le charbon, lui expliqua-t-on tout sourire.

Contrite, elle avait d’abord pensé renvoyer chez

elle un conteneur de ces a »aires inutiles, bottines, ceintures, chaussures vernies, sacs à main en cuir, qu’elle avait apportées par esprit de propriété et tendance à l’accumulation, puis elle avait calculé son empreinte carbone et demandé à la propriétaire de l’appartement qu’elle venait de louer :

– D’accord, et j’en trouve où du charbon ? Dans

un magasin de bricolage?

– Dans un magasin japonais.

De nouveau, calcul de son empreinte carbone. Le Japon, ça avait l’air tout près comme ça ; l’Asie était encore, dans son esprit, un ensemble de pays proches les uns des autres puisqu’à l’opposé de son Europe natale. En réalité, Tokyo se situait à 5 000 kilomètres de son nouveau lieu d’habitation. Si écolo que ça, le charbon ? Oui, car elle apprit ce jour-là que le charbon était une énergie renouvelable. Il séchait vite au soleil et retrouvait en quelques heures ses propriétés absorbantes. Va pour le charbon importé. Elle se

rendit en bus à l’autre bout de la ville (elle n’allait

pas, en plus, se déplacer en taxi), a#n de se procurer des sachets de charbon en tissu. À ce moment-là, elle faisait encore ses courses elle-même. Et le bus lui donnait l’impression de se mélanger à la population.

– Il y a une autre solution, l’informa sa voisine :  les hippos qui ont soif.

Elle la fit répéter, de peur de ne pas avoir saisi. Et

la voisine de la rassurer, non, elle n’aurait pas besoin d’aller jusqu’au zoo en taxi, les hippos qui ont soif étaient livrés à domicile, sous forme de boîtes en plastique, des absorbeurs d’humidité contenant du chlorure de calcium. Pays d’origine : Corée du Sud – 4 500 kilomètres. Durée d’utilisation : 2-3 mois selon le taux d’humidité. La voisine insiste. Deux jours plus tard, six hippos débarquent, en même temps que le reste des courses. C’est le début d’une addiction. Bientôt elle ne sait plus à quoi ressemble un magasin d’alimentation autrement que sur son

écran. Il arrive même qu’elle fasse les courses de son lit. Ses placards et ses étagères regorgent de charbon et de plastique. Pour compenser, elle devient végane.

Traquer les petits sachets de charbon enfouis

entre les draps propres, les serviettes de toilette

et les boîtes de chaussures, puis les faire sécher au soleil sur son minuscule balcon, ne dure qu’un temps. Elle les retrouverait au prochain déménagement en même temps que les cotillons et confettis du Nouvel An. Les hippos qui ont soif, eux, ont envahi son appartement. Ils ont l’avantage d’être volumineux et n’échappent pas à sa vigilance. En moins d’un mois, le chlorure de calcium est dissous et les hippopotames gorgés d’eau. Nietzsche louait

la vertu de l’oubli. Elle, jette les bêtes en plastique dans la benne à ordures et renouvelle son stock d’un 12 l’insulation coup de clic. Elle commande désormais des hippos par lot de soixante afin de réaliser des économies de

transport.

– Si j’étais toi, j’allumerais un peu plus souvent la clim, lui dit une amie. La fonction goutte fait office de déshumidificateur. Tu consommerais

moins de plastique.

Surtout que, cette fois, le produit est local. Les

bacs à condensats sont situés sur le balcon : fini

l’avion. Un petit peu d’air conditionné n’a jamais

fait de mal à personne. Ce n’est pas comme si elle vivait dans un centre commercial réfrigéré ou allait à la patinoire tous les jours. Dans son pays, avant, elle se chau »ait bien au bois. Elle se résout donc à faire marcher la clim un peu plus souvent, au moins dans les chambres et dans le salon.

C’est quand elle prend un rythme de croisière  que deux événements sans rapport chahutent le

confort tranquille de sa nouvelle vie. D’abord un

virus, ensuite des moisissures, lesquelles seraient passées inaperçues si elle n’avait pas éternué à s’en décrocher les sinus. En premier lieu, elle est convaincue d’avoir attrapé cette nouvelle maladie portant atteinte aux fonctions respiratoires. L’idée qu’elle puisse avoir contracté des allergies dues à l’humidité ne lui vient pas à l’esprit. Elle a tellement d’hippos chez elle. Parce qu’elle est une citoyenne responsable, elle se confine dans son appartement, où son mal s’aggrave, renforçant sa conviction d’être très malade. Je voudrais faire ici une pause. Il est important de mentionner qu’elle n’a jamais été sujette à

l’hypocondrie et qu’il serait malhonnête de croire

que tout cela est le fruit d’une imagination dérangée. Bien que sa température corporelle soit normale, elle peut vraisemblablement être atteinte de ce nouveau mal mystérieux. Son esprit déductif la conduit à effectuer un test. Au même moment, la population entière est à son tour exhortée à rester chez elle. Chacun se prend à épier son voisin avec de mauvaises intentions. Elle se déplace donc en rasant les murs, un masque chirurgical vissé sur le  visage. Le plus étonnant est que, dehors, elle se sent

beaucoup mieux. Le test est formel, elle est négative au virus.

Chez elle, où ses éternuements et larmoiements

repartent de plus belle, elle cogite, c’est normal. Elle se sait allergique à la poussière. Aguerrie, depuis les hippos qui ont soif et avant ce confinement national, aux commandes en ligne, elle achète donc sur internet des plumeaux à poussière qu’un jeune homme lui livre en mobylette (empreinte carbone de la mobylette?). Et la voici, rasant les murs, le masque chirurgical de nouveau sur le nez, barrière entre les acariens et ses muqueuses sensibles, en train d’épousseter les étagères de livres, les placards (elle retrouve quelques sachets de charbon au

passage), les tableaux et les cadres photo. C’est à ce moment-là qu’elle découvre le pot aux roses. Alors qu’une reproduction d’un tableau de Hopper (une femme seule dans une chambre d’hôtel) oblique vers la droite sous l’e »et d’un coup de plumeau vigoureux, une tache apparaît sur le bout de mur mis à nu. Avec précaution, elle décroche le tableau, et sa stupeur est si grande qu’elle porte sans réfléchir une main par-dessus le masque chirurgical. Sur le mur, a

poussé non une roseraie, mais un champ bourgeonnant de moisissures, une pellicule cotonneuse allant du bleu roquefort au vert tendre en passant par le marron. L’origine de son irritation était sous son nez, locale, à domicile. Elle se confond en excuses auprès des voisins à qui elle a longtemps imputé le virus et court à ses chaussures. À part une fine pellicule de poussière, les bottines en cuir d’Italie et les

Repetto vernies ont tenu le choc. La voilà dégoulinante de soulagement.

– Je ne comprends pas, dit-elle à une collègue

expatriée depuis si longtemps qu’elle n’est plus de nulle part. J’ai mis du charbon dans les tiroirs et les placards, des hippos qui ont soif sur toutes les étagères, j’allume la clim la nuit et je renouvelle l’air chaque matin en ouvrant la fenêtre. Comment des champignons sont-ils apparus derrière ce tableau ?

– Malheureuse! lui répondit l’autre de derrière  son écran (car leurs réunions ont désormais lieu par écran interposé, plus personne n’allant travailler en vrai). Que se passe-t-il quand tu sors une bouteille d’eau du frigo ? Au contact de la chaleur…

– … l’eau condense et la bouteille…

Je vous dois encore des excuses et une clarification : l’eau du robinet étant déminéralisée, en cas de sudation excessive, comme cela arrive souvent sous les tropiques, on sou »re de carences en minéraux essentiels. C’est à son corps et son souci de la planète défendant qu’elle avait donc été contrainte

d’importer de l’eau minérale en bouteille, conditionnée, c’est un fait, par la marque Coca-Cola. Elle but un coup…

– … la bouteille perle! et elle termina sa phrase.

– Exactement ! continuait de s’exclamer, de

l’autre côté, sa collègue. (Le confinement avec trois enfants à la maison la jetait dans un état de grande fébrilité.) Lorsque tu aères une pièce juste après avoir éteint l’air conditionné, le même phénomène se produit ! L’air chaud introduit dans un lieu frais provoque une condensation, de l’humidité et donc des moisissures aux endroits les plus confinés !

Là, elle s’inquiète pour sa collègue. Yeux révulsés, sourire dément à la #n de la démonstration. Manifestations nettes de l’hystérie, elle suppute que l’autre craque. Elle grogne un assentiment et prétexte un autre appel pour mettre fin à leur conversation.

Dès lors, elle laisse les pièces se réchauffer avant d’ouvrir en grand les fenêtres. Elle aère d’autant plus grand que, pour venir à bout de la colonie de champignons, il lui a fallu utiliser force vinaigre blanc et parfois même de l’eau de Javel. Ce rituel lui permet de conserver un semblant d’organisation alors que le temps s’écoule sans interactions sociales physiquement acceptables. Ceci dit, aurait-elle osé inviter des amis ou des connaissances, alors que l’odeur acide et pénétrante du vinaigre et de l’eau de Javel ont imprégné murs et peau avec la ténacité que concurrencent seulement de rares produits tels que l’ail, le dissolvant et le white-spirit ? Elle-même est en proie à de fortes migraines.

Dès que possible, elle prend l’air. Certes, les salles de sport climatisées sont fermées, par contre, les parcs et forêts, non climatisés, sont encore ouverts au public. Enfin, des économies d’énergie. Depuis qu’elle se sait négative, elle sort un peu tous les jours, juste assez pour se dégourdir la tête et les jambes, juste ce qu’il faut pour ne pas se déshydrater. Sortir aère l’esprit. Elle en ressent de plus en plus la nécessité alors que les mauvaises nouvelles s’égrènent tel un chapelet, Elle apprend, par exemple, ne plus pouvoir retourner dans son pays natal pour les vacances à cause de la fermeture à double tour des frontières. Elle qui espérait rapporter en Europe sacs, ceintures et chaussures en cuir en plus d’autres effets inutiles quand on habite sous les tropiques… Comment lui en vouloir si elle allume plusieurs heures par jour le système de climatisation, renouvelle deux mois de plus les boîtes en plastique d’hippos qui ont soif et perd les sachets de charbon qu’elle avait pourtant retrouvés. Mais puisqu’elle ne peut plus prendre l’avion… Ça compense.

Son chapelet compte plusieurs grains et c’est toute à ces noires pensées qu’elle rate, un jour, une marche dans le parc et se tord la cheville, Elle envoie une photo de son pied bleu et enflé à son médecin qui lui prescrit de rester immobile, Ainsi elle finit par ne plus se déplacer du tout, ni en métro, ni en bus, ni en taxi, ni même en avion, encore moins à pied, rejetant son empreinte carbone sur les livreurs aux combinaisons étanches délivrant au seuil de sa porte les produits nécessaires à sa survie : eau minérale, hippos qui ont soif, vinaigre, etc. »

À propos de l’autrice

Julie Moulin © Photo Coline Sentenac

Julie Moulin, née en 1979 à Paris, a publié deux romans très remarqués, Jupe et pantalon (2016) et Domovoï (2019) chez Alma Editeur. Après des études à Sciences-Po et à l’Inalco, puis plusieurs années dans la microfinance à Genève, elle se consacre à la littérature et anime des ateliers d’écriture. En pleine pandémie, elle déménage avec sa famille à Singapour, où elle lance le podcast littéraire Marcher entre les lignes et écrit L’insulation. Cette expatriation, d’abord synonyme de perte de repères, a fini par devenir un voyage fabuleux, où le comique le dispute sans cesse au fantastique. À partir de juillet 2026, elle reviendra vivre entre Paris et Genève. (Source : Éditions Thierry Marchaisse)

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