Grand prince

Par Henri-Charles Dahlem @hcdahlem

En deux mots

Simone Guillou a 85 ans. La vie ne l’enchante plus vraiment. Jusqu’au jour où on lui vole son crapaud en ciment de 80 kilos. L’animal se met alors à lui envoyer des cartes postales de ses voyages. Venise, Sète, le Ladakh… À chaque courrier, Simone renaît un peu. La lassitude fait place à la curiosité. La résignation à l’envie.

Ma note

★★★★ (j’ai adoré)

Ma chronique

Sauvée par un batracien voyageur

Dans ce roman aussi tendre que malicieux, Alexia Stresi rend hommage à sa grand-mère maternelle. Mais, avec humour et tendresse, elle nous raconte aussi la renaissance d’une femme au crépuscule de sa vie. Émouvant et épatant !

On ne peut pas dire que le moral de Simone Guillou soit au beau fixe. Si elle sait bien qu’à 85 ans elle est plus proche de la fin que du début, elle commence surtout à être gagnée par une forme de lassitude. Certes, elle fait encore l’effort de se lever, de s’habiller, de se pomponner un peu, mais sa vie sociale est proche du néant. Il y a bien sa copine Marthe, toujours prête à lui remonter le moral, son fils Thierry qu’elle se fait une fête de voir, même s’il donne la priorité à sa vie professionnelle et sa petite-fille qui aime bien lui raconter ses petits secrets au téléphone, mais cela ne remplit pas ses journées.

Simone le reconnaît elle-même : « ses plaisirs se sont réduits comme peau de chagrin. Elle se retrouve souvent à la peine dès le matin. » Il lui arrive même de parler à son lait dans sa casserole : « aujourd’hui je n’ai courage à rien. » Elle a développé ce qu’elle appelle sa « chappe », cette lourdeur qui l’empêche parfois de se lever. Et puis il y a cette petite phrase qui tourne en boucle : « À quoi bon, ma cocotte ? »

Pourtant, un matin de septembre, tout bascule. Simone découvre que son crapaud en ciment a disparu. Celui-là même que René, son défunt mari, avait acheté à Figueras lors de leurs seules vacances communes en Espagne. La bestiole faisait son poids, environ 80 kilos, et ornait la bande de pelouse située devant leur maison de Barthon-en-Retz.

Le gendarme Descote se retrouve face à une enquête pour le moins originale. Pour lui, il s’agit plutôt d’une grenouille que d’un crapaud – « la peau du dos. Verruqueuse chez le crapaud, lisse chez la grenouille… Là, aucune verrue, donc grenouille ! » Mais ce détail ne lui permet pas davantage de trouver la piste d’un suspect. Comment transporter 80 kilos de ciment ? « Pas un truc qu’on prend sous le bras ou qu’on balade à mobylette… »

L’affaire prend une tournure inattendue avec l’arrivée d’une carte postale de Venise : « Chère Simone, J’ai toujours eu envie de visiter Venise. Vous savez quoi ? En vrai, la ville est encore plus belle que dans mes rêves ! Je pense souvent à vous et vous embrasse. Votre crapaud. »

On se dit alors que le voleur a dû voir Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain et penser à son nain de jardin voyageur. Quoiqu’il en soit, ce coup de pouce du destin va secouer Simone. En l’honneur de cette missive italienne, elle essaie de cuisiner une pizza. Même si ce n’est pas franchement une réussite, elle se félicite de son initiative. « Ne t’inquiète pas, ma fille, continue-t-elle de se rassurer, prends ce qu’il y a de bon à prendre, fais-toi bien, personne d’autre ne t’en fera. »

D’autres cartes suivent. De Sète : « Je suis venu voir monsieur Soulages. Lui professe que c’est dans le noir qu’il faut chercher la lumière. Qu’en dites-vous ? Moi, je trouve ça beau. » Du Ladakh : « Je suis venu disperser mes mantras au vent. Certains s’adressent au monde, d’autres à vous. Vous voyez, vous êtes dans mes pensées. J’espère être parfois dans les vôtres. Je vous embrasse. »

À chaque fois qu’un courrier arrive, il stimule l’imagination de Simone, la pousse à entreprendre de nouvelles activités, à lancer de nouveaux projets.

Avec sa prose vive, pleine d’humour et de justesse, Alexia Stresi emporte son lecteur. Mieux même, en alternant les points de vue – le gendarme, l’amie, le neurologue, la bibliothécaire – elle construit un récit choral attachant. Son écriture sait saisir les petits riens du quotidien, les gestes qui sonnent creux, la vitre imaginaire derrière laquelle Simone s’est réfugiée pour ne plus souffrir. Après Des lendemains qui chantent – hommage à ses grands-parents paternels –, elle rend hommage à sa grand-mère maternelle dans ce petit bijou plein de tendresse qui démontre la justesse de la théorie de sa petite-fille : « on a une fiction cachée dans nos vies. Une réalité augmentée qui nous est propre, une plus grande version de nous-mêmes. » Les dernières pages, qui dévoilent le pot aux roses, sont particulièrement réussies. On referme ce livre le sourire aux lèvres, réconcilié avec l’idée qu’il n’est jamais trop tard pour se réinventer. Même à 85 ans. Surtout à 85 ans.

Grand prince

Alexia Stresi

Éditions Flammarion

Roman

288 p., 21 €

EAN 9782080511256

Paru le 14/01/2026

Où ?

Le roman est situé en France, dans la ville imaginaire de Barthon-en-Retz, en Loire-Atlantique ainsi qu’à Paimbœuf, Saint-Nazaire ou encore à la Pointe Saint-Gildas. On y évoque aussi un voyage à Figueras.

Quand ?

L’action se déroule de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur

L’existence, c’est formidable, paraît-il. C’est surtout long, estime Simone Guillou. À 85 ans, elle pense heureusement avoir fait le plus gros. Il ne peut plus rien lui arriver. Vraiment ? Elle ne le sait pas, Simone. Elle est à mille lieues de s’en douter. Mais la vie lui réserve enfin une surprise… À Barthon-en-Retz, entre océan Atlantique et campagne, il sera question d’un crapaud en ciment, d’une enquête pas tout à fait policière, de la récolte du sel, et d’amour. Ah, et aussi de Pierre Soulages. Le peintre ? Oui, le peintre. Après le succès Des lendemains qui chantent, Alexia Stresi signe un roman lumineux qui confirme son talent pour créer des personnages inoubliables. Grand prince raconte l’inattendu renouveau d’une vie.

Les critiques

Babelio 

Blog Mes Échappées livresques

CNews (L’heure des livres)

Le moins qu’on puisse lire (LMQPL)

Blog Mes petites chroniques

Blog de Fflo la dilettante

Blog La parenthèse de Céline

Alexia Stresi en rencontre à la Librairie Mollat

Les premières pages du livre

« Ce que Simone Guillou retient de tout ça, c’est

qu’elle n’aura pas eu une trop mauvaise vie.

Alors oui, elle a connu des moments épouvantables et traversé des épreuves qu’elle ne souhaiterait pas à son pire ennemi. Entre nous, n’est-ce pas peu ou prou le lot commun ? Qui peut se targuer d’être passé à travers les gouttes ? Personne. Ça n’arrive pas de rester à l’abri tout du long.

Elle n’est ni meilleure ni plus forte que les autres,

Simone. Elle a fait comme tout le monde, elle a pris les coups qui lui étaient destinés et s’est débrouillée pour tenir le choc. Comment elle a pu ? Aucune idée.

Il faut croire qu’on y arrive. Sans doute est-on plus solide qu’on ne le pense. Si ça cadrait avec son caractère, elle se déclarerait fière d’avoir encaissé comme elle l’a fait.

À la place, le sentiment qu’elle a, c’est que ça a

assez duré. Attention, il ne faut pas y voir la moindre annonce dramatique. Il n’y a aucun geste attentatoire en vue, ce n’est pas le genre de la maison. Simplement, ce n’est plus comme avant, force est de le constater.

Depuis des mois, elle se traîne un peu, Simone. C’est affreux à dire, il y a de la lassitude. Que voulez-vous, personne n’a encore trouvé le moyen de rester vivant sa vie entière, n’est-ce pas.

Le pire, c’est peut-être le matin. À vérifier, parce

que les heures coincées entre le goûter et le dîner ne sont pas marrantes non plus. À cinq heures de l’après-midi, il est trop tard pour envisager une promenade et un peu tôt pour la chemise de nuit. Moralité, ce morceau de journée ne sert à rien. En tout cas, Simone ne sait plus par quel bout le prendre et elle le

redoute. Mais revenons au matin. Pendant des années, si aucun sourire ne lui venait sur le visage au réveil, elle se l’accrochait de force. Qu’est-ce que je vais faire aujourd’hui ? Bah, la même chose qu’hier. Quel jour sommes-nous ? Peu importe, puisqu’il faudra de toute façon travailler. Est-ce que j’ai mal quelque part ? Ça changerait quoi, allez debout ! À l’époque, on ne

se posait pas de questions. Comme ça pendant des années, avancer droit devant, tâcher de ne pas trop penser, courber l’échine, se relever et continuer.

Puis le tableau a changé. Son mari n’était plus.

Simone gardait sa maison et la moitié de sa retraite en plus de celle qu’elle touchait en propre. Son fils menait sa barque en ville, sa petite-fille était grande, forcément elle venait moins. On entrait dans l’arrière-saison. Le bonheur matinal allait changer de nature, et se mâtiner d’un éclat de soulagement. Toujours de ce monde, constatait Simone en ouvrant les yeux. Bravo, ma cocotte ! La victoire, c’était d’être encore là. Au fond, ça restait plutôt gai.

C’est récemment que l’humeur s’est assombrie.

N’exagérons rien, il y a des journées qui ne démarrent pas trop mal. Au ralenti bien sûr, avec la carcasse qui craque et qui fait mal. Du moins n’y a-t-il pas en prime ce que Simone appelle désormais sa « chappe ».

Qu’est-ce que c’est que cette bête-là, s’est-elle demandé la première fois qu’il lui a fallu y faire face. Elle se sentait une lourdeur dans le corps qui donnait l’impression qu’elle ne réussirait plus jamais à se sortir du lit. Physiquement, la chose n’avait rien d’agréable. Sans compter la méchanceté d’une petite phrase qui s’est mise à tourner dans sa tête. À quoi bon, ma cocotte ?

Le jour où la vie vous pose la question, ça fait un

sale effet. Simone s’y est plus ou moins habituée. Chappe ou pas chappe, elle continue de se lever en même temps que le jour, avec interdiction de rester en robe de chambre. La journée, on s’habille. Obligation aussi de s’installer à table pour les repas et d’essayer de

manger, tant qu’à faire. Donc en apparence, les rituels demeurent. La différence, c’est qu’ils relèvent d’un règlement dans lequel Simone ne trouve plus ni plaisir ni sens. Les gestes sont les bons, merci l’habitude, sauf qu’ils sonnent creux. À dire la vérité, Simone a commencé à faire un peu semblant. J’ai atteint l’âge bête, est-elle forcée de reconnaître. Et ça ne risque pas de s’arranger.

À quatre-vingt-cinq ans, il est vrai qu’elle est entrée dans une période réputée dangereuse de l’existence. Sa chance, c’est qu’elle n’a jamais eu l’habitude de pleurnicher. Elle ne se verrait pas commencer maintenant. Se plaindre de son âge ? La question n’est pas de savoir si elle trouverait ça ridicule ou malvenu, le fait est que ça ne lui vient tout simplement pas à l’idée.

L’autre bon côté est que c’en est fini des grands

chagrins. Simone le sent, plus rien ne viendra lui

briser le cœur. L’autre jour, elle s’en faisait encore la remarque. Elle était en train de passer le temps avec sa jolie boule à neige. Sa petite-fille la lui a ramenée d’un voyage qu’elle a fait en Angleterre lorsqu’elle était collégienne, Simone y tient. Certains après-midi, elle garde l’objet au creux de sa main et observe les flocons voltiger autour de Big Ben sans que jamais ils ne s’y accrochent. Elle était en train de s’occuper avec quand soudain, elle a su. Bon sang, mais c’est moi ! Un coup à se faire rire toute seule parce

que non, quelle idée, comme si elle ressemblait à un monument. Ce qui venait de lui traverser l’esprit, c’est que les souvenirs avaient beau lui bourdonner autour, eux non plus ne l’atteignaient plus. Fini de lui faire du mal. Oh, elle sait encore ce qu’elle a vécu, elle se souvient de tout, des gens qui lui répétaient faudra du temps, de l’expression de misère qu’ils avaient dans les yeux en la regardant, mais miracle, elle ne souffre plus autant. Comment est-ce possible ?

Faut croire qu’ils disaient vrai, tous. Il suffit que

les années passent pour que les chagrins deviennent supportables.

Ce qui la touche aujourd’hui ? Pas grand-chose.

Les tourments sont derrière, plus rien n’empoisonne.

La vie, Simone a même l’impression de la regarder de loin, au travers d’un carreau sale.

Gamine, on l’envoyait parfois porter à manger au

cousin Anatole, qui n’était le cousin de personne. Du moins pas qu’elle sache. Ancien gabelou ? Braconnier ? Aucune idée non plus. Ce dont elle se souvient, c’est que cousin Anatole était un bonhomme crasseux et mutique que le village avait en pitié. À tour de rôle, les gamins de Barthon étaient chargés de le ravitailler en pain, en vin et en œufs. Il fallait marcher longtemps dans les dunes, côté phare Saint-Michel, jusqu’à tomber enfin sur sa cahute en bois. Ça fichait

une peur bleue d’avoir à s’en approcher. Elle l’avait dit au père. Tu devrais avoir honte, l’avait-il grondée. Donc en plus elle avait honte. Un calvaire. Ça l’est resté aussi longtemps qu’elle s’est obligée à frapper à cette porte branlante, comme l’étaient ses guibolles. Une éternité avant qu’elle s’ouvre, chaque seconde passée augmentant la frousse. Puis cousin Anatole  apparaissait. Il prenait le panier sans un regard, grommelait quelque chose en guise de merci et s’en retournait vite fait au fond de son gourbi. Jusqu’au jour où Simone a eu l’idée de déposer les victuailles devant la porte et de prévenir de son passage en toquant plutôt à la fenêtre. Elle se souvient très bien de l’épaisse couche de crasse qu’il y avait dessus et d’une toile  d’araignée aussi grande que celles qu’on trouve parfois au milieu des fougères. Par la vitre, elle voyait le pauvre hère tailler un énième harpon en bois avec son Opinel. Cette fois-là, il avait lentement tourné la tête vers elle, croisé son regard et, nom d’un petit bonhomme, il l’avait saluée. Ça, pour une première ! Ce carreau entre eux changeait tout. Au point que cousin Anatole allait même se fendre d’une sorte de sourire. À l’évidence, cette façon de faire était la bonne, s’était dit Simone.

Il est amusant de remarquer que quatre-vingts

ans plus tard, elle l’utilise à nouveau. Sans l’avoir

décidé, pareil qu’à l’époque, par pur instinct de protection. À présent, c’est à la vie qu’elle applique la méthode. Elle ne s’en approche plus, ou le moins possible disons, préférant prudemment rester campée derrière une vitre imaginaire. Le journal télévisé est coupé net dès que c’est trop dur. Quel intérêt de se tenir au courant de toutes ces horreurs ? Simone ne se  rend pas non plus au dîner des Anciens offert par la mairie. Pour compter des chaises nouvellement vides, merci bien, autant se rester chez soi. Et les pompiers qui passent vendre leurs billets de tombola trouvent désormais porte close. Qu’est-ce qu’elle ferait d’un lapin vivant ou d’un deuxième grille-pain ? Même le

calendrier de la Poste, elle ne le prend plus. Certains sont pourtant accrochés aux murs de son salon. Au choix, châteaux de la Loire ou chatons adorables. À noter qu’à une époque, ce n’était pas pour la décoration, ça se voulait pratique. Simone entourait dessus des dates importantes au stylo rouge, rendez-vous  médicaux de son mari ou bien vacances scolaires que sa petite-fille passait chez eux. Des temps révolus, ça. À quoi servirait-il, le nouveau calendrier ? Alors quand le facteur s’est permis d’insister, elle lui a cloué le bec. La boutique a fermé, elle lui a fait. Comme elle le pense.

L’avantage ? Elle s’est mise à l’abri.

L’inconvénient ? Ça l’a verrouillée de l’intérieur. Y a qu’à voir, en août, ce qui s’est passé avec sa sieste. En été, sur les coups de deux heures, le soleil tape pile sur son canapé et Simone aimait beaucoup venir s’y asseoir. Sentir ce rayon chaud sur la carcasse, ça vous délasse. Ce jour-là, elle s’installe, elle attend, elle attend encore et… rien. Voilà que ça ne marchait plus. Pire que

ça, ça l’a énervée. Le même cirque s’est reproduit avec l’émission de variétés de Michel Drucker. Forcée d’éteindre la télé. Des invités tellement talentueux pourtant, toujours polis et intéressants. Simone ne comprend pas pourquoi elle a perdu le goût de ces belles choses. La faute à sa vitre ? s’est-elle demandé. Au lieu de se contenter de la protéger, peut-être a-t-elle fini par la couper de ses dernières petites joies.

Ce n’est pas sans rappeler son genou. Là aussi,  il a été question d’un problème de dosage.

Souffrir d’arthrose, c’est normal avec l’âge, tout le monde y a droit. Le docteur Bernard avait soi-disant la solution, la pose d’une prothèse, qui supposait de ne pas mettre le pied par terre pendant trois semaines après l’opération. Et comment je fais pour me débrouiller seule chez moi, lui avait-elle rétorqué. Ils sont mignons, avec leurs interventions chirurgicales. Si tu n’as pas la vie qui convient, ça ne solutionne rien.

À la place, ils ont donc opté pour une infiltration

tous les six mois, qui est rapidement devenue trimestrielle. Lors de la dernière consultation, le docteur Bernard a décidé de changer de produit, ou de façon de faire sa piqûre, allez savoir. On ne comprend pas toujours leurs explications, à ces gens-là. Faites ce que vous voulez, Simone lui a dit. Résultat, pour le genou, ça a très bien fonctionné. Elle n’avait plus mal. Sauf que c’est sa jambe entière qu’elle ne sentait plus. Envolée, la gambette ! Non, le médecin n’a pas eu l’air plus embêté que cela. On ne peut pas tout avoir, il a fait, ou quelque chose dans le genre. Et il

lui a prêté une canne pour qu’elle puisse quitter son cabinet debout. Voilà l’histoire. La morale à retenir, Simone a pensé, c’est que l’anesthésie, même après tant d’années d’études de médecine, ça reste une science approximative. Alors elle qui n’a pas fréquenté longtemps les bancs de l’école, elle ne devrait pas s’étonner de mal savoir la doser, sa vitre.

Dire qu’en août elle n’a même pas fait l’effort de

marcher jusqu’à la plage pour assister aux grandes marées. Le premier matin, elle a décidé qu’elle irait l’après-midi. Ensuite, elle a reporté au lendemain. Comme ça pendant trois jours, le temps que les grosses vagues cessent. Oh, elle ne s’en est pas vantée, surtout pas devant Marthe, sa grande amie. Quel spectacle, hein, elle a préféré lui mentir. On sait bien ce qui se serait passé sinon, le sermon auquel elle aurait eu droit. Tu ne serais pas sur une mauvaise pente, toi ? Méfie-toi parce qu’à nos âges et blablabla…

Simone le reconnaît, ses plaisirs se sont réduits  comme peau de chagrin. Elle se retrouve souvent à la peine dès le matin. Aucune envie de se bagarrer avec le bouchon du dentifrice qui ne se visse plus, le tube restera à sécher et qu’est-ce qu’on s’en fiche. Au moment de beurrer sa tartine, rebelote, elle soupire. Il arrive qu’elle parle à son lait dans sa casserole, aujourd’hui je n’ai courage à rien, elle lui annonce. Quand ça part comme ça, il lui tarde d’être au soir.

Mais pas ce matin. Elle vient de tapoter son baromètre qui indique beau temps. Ça suffit à la rasséréner. Sur sa bonne lancée, elle décide de sortir dire bonjour à ses fleurs. En l’occurrence quatre pieds de rosiers, pas un de plus, qui réussissent l’exploit de pousser le long de sa maison. Cette bande de gazon, Simone l’appelle son « jardin » – ce qui, soit dit en passant, a le don d’horripiler son fils. Toujours est-il que fin septembre les belles trémières, toutes dures à cuire qu’elles sont, n’en ont plus pour longtemps.

Pour en profiter, c’est maintenant.

Simone ne va pas en avoir le temps. Sitôt dehors, elle voit immédiatement ce qui cloche. Ça ne se peut pas, pense-t-elle.

Son cerveau est incapable de trouver d’autres mots que ceux-là. Il répète en boucle CE N’EST PAS POSSIBLE.

C’est à ce moment-là qu’elle a dû tourner de l’œil, vu que la suite, elle ne s’en souvient pas.

Le gendarme

– Je dois me présenter, c’est ça ? Vincent  Descote, adjudant-chef à la brigade départementale de la gendarmerie de Bourgneuf. Et je vous raconte mon arrivée sur les lieux ?

Entendu.

Nous sommes le 20 septembre 2006, et mon  collègue Brice Gentais est de… Pardon ?

Mais je sais qu’on est en novembre ! Je vous parlais de ce fameux jour. Ah oui, je comprends que ça prête à confusion. Toutes mes excuses.

Je reprends.

Donc le 20 septembre dernier… Là, c’est plus clair ? Parfait. Je disais que c’était le gendarme Brice Gentais de permanence téléphonique. Si ça vous intéresse, je peux vérifier dans le cahier à quelle heure il a reçu l’appel ? Moi, j’étais sur le terrain à faire de la prévention routière  : port de la ceinture, contrôle de la vitesse, alcoolémie… C’est des choses qu’on doit continuer de rappeler, même sur nos petites routes de campagne. Comme je couvrais le secteur de Barthon, le collègue Gentais me demande d’aller voir chez madame Guillou.

Il me parle d’un cambriolage.

Je suis motard, il ne me faut pas cinq minutes pour arriver.

Je découvre la victime assise dans son canapé, en train de se remettre de ses émotions. Il y a son amie de toujours à ses côtés, Marthe Lambert. Vous allez l’auditionner, elle aussi ? Bien. D’après les premiers éléments que je recueille, madame Guillou s’est évanouie en découvrant les faits. Puis elle s’est relevée sans aide, elle a réussi à rentrer chez elle et a téléphoné à Marthe qui a pris la décision de nous joindre.

Ah oui, vous trouvez ? Ma femme aussi me l’a fait remarquer. Je ne m’en rends pas compte. À la pêche ou avec mes gamins, je m’exprime normalement, du moins je l’espère. C’est dès que ça parle travail… Vous savez, la gendarmerie, selon l’expression consacrée, c’est un « corps ». Nous sommes des militaires, avec des habitudes et un langage qui nous sont propres. Attendez, je vous dis ça et tout à coup je me demande… Peut-être qu’au contraire, nous autres, gendarmes, sommes tenus d’avoir une

langue commune avec les policiers et les  magistrats. Oui, c’est plutôt ça. On est dans le même bateau, vous comprenez. Tous, auxiliaires de justice. Alors on se doit d’employer les mêmes termes. C’est sans doute ce qui donne cette façon de parler, un peu technique, un peu jargon comme vous dites. Parce que les mots qu’on utilise sont importants. Ils auront valeur juridique et croyez-moi, aucun d’entre nous n’a  envie d’être tenu pour responsable d’un vice de forme. C’est notre hantise, ça. Un procès-verbal entaché de nullité, le prévenu relâché par ta faute, tu parles d’un boulet dans une carrière… Alors oui, je reconnais qu’on ne plaisante pas avec le vocabulaire. Employer le mot juste, chez le gendarme, c’est une seconde nature.

Je réfléchis en même temps que je vous parle, et je me dis que c’est peut-être aussi une façon de mettre à distance, je ne sais pas. Dans une affaire judiciaire, par exemple, il vaut mieux dire « la victime » plutôt que « madame Unetelle ». Ne pas trop personnaliser, vous voyez ?

Bon, je vais tâcher de faire un effort.

Dans l’affaire Guillou, rien de trop grave, heureusement. Il n’y a pas d’atteinte à la personne. Mince, je recommence avec mon parler-gendarme… Elle ne présente

aucune blessure apparente, ça irait ? Non plus. Comment vous le formuleriez, vous ? Elle n’est pas blessée, voilà. Je ne juge pas utile d’appeler les pompiers mais je lui propose quand même d’être vue par un médecin. Niet ! Refus catégorique. Remarquez que c’est souvent le cas avec nos Anciens. Je ne sais pas ce qu’on leur a fourré dans le crâne, ils ne veulent jamais « déranger ». Une chute ou un malaise sur la voie

publique, renversé par un vélo, ce que vous voulez, tant qu’ils n’ont pas une patte cassée, ils se relèvent et vous disent que tout va bien. Madame Guillou, idem. Bon, je décide de la laisser reprendre ses esprits, parce qu’elle est quand même choquée, ça se voit, et je commence à recueillir des éléments de mon côté. Son dépôt de plainte, tant pis pour la procédure, je remets ça à plus tard.

Les faits ? Ah oui, bien sûr. Je pensais qu’il n’était pas nécessaire d’y revenir, vu que vous les connaissez. Eh bien, je constate en effet le vol d’une grosse grenouille en ciment. Pardon, mais les mots sont à nouveau importants. Madame Guillou continue de parler d’un crapaud et moi, je

suis formel, il s’agit d’une grenouille. La rue de l’Église, c’est une rue passante, on l’emprunte pour aller à la messe ou au marché du samedi sur la place. Tout le monde a eu l’occasion de loucher sur cette bestiole et demandez à qui vous voulez, allez-y, ma main à couper qu’on vous le confirmera, c’est une grenouille. Je sais ce que vous allez me dire : « Est-ce qu’on l’a vue sauter pour en être tellement certain ? » Là, je vous arrête. Il n’y a pas que la différence entre les grands sauts et les petits bonds pour reconnaître l’espèce. Il y a la peau du dos. Verruqueuse chez le crapaud, lisse chez

la grenouille… Là, aucune verrue, donc  grenouille !

Ah, une autre précision. Il s’agit d’un  vol, ça d’accord. Mais en aucun cas  d’un cambriolage. Nous avons fait des vérifications auprès du cadastre, le bout de gazon où l’animal était installé n’appartient pas à madame Guillou. C’est

devant chez elle, elle en a la jouissance, tout ce que vous voulez, mais ça ne relève pas de la propriété privée. Je vais le formuler brutalement  : l’animal vivait dans la rue. Voilà. Attention, ça

n’enlève rien au caractère délictuel de sa disparition. Quelqu’un l’a bel et bien chapardé.

À partir de là, mon enquête suit deux axes de recherche. Premièrement, qui ? Deuxièmement, pourquoi ? Bah, malheureusement, je n’en sais rien. A priori, les faits se seraient déroulés pendant la nuit. La veille au soir, Henri Renaudin, un voisin, certifie avoir vu la grenouille à son

poste. Plus de trente ans qu’elle était là, vous imaginez ? Une paille !

Le matin, madame Guillou constate que ça n’y est plus, et personne n’a rien vu, rien entendu. Mes auditions de voisinage ne donnent pas grand-chose. On est dans le centre-bourg de la commune, avec une population, comment dire… âgée, avec des problèmes d’audition et qui prend des médicaments pour dormir. Autant dire que je ne suis pas tellement aidé… Résultat, je n’ai

rien.

Côté mobile, pas mieux. Vouloir nuire à une mamie, ça me dépasse. Ou alors un imbécile qui voulait s’amuser ? Dans tous les cas, cette affaire sort de l’ordinaire. À Barthon, le fléau numéro un, c’est le cambriolage de résidences secondaires. Pas que chez nous hein, ça vaut pour tout le littoral. Leur cible, c’est les baraques

cossues du front de mer. Elles gardent leurs volets fermés dix mois sur douze, qu’est-ce que vous voulez, forcément ça attire. Mais les gars embarquent des télés, de l’outillage, des Nintendo, ce n’est pas le genre à s’intéresser à des grenouilles en ciment. De toute façon, ils ne mettent jamais les pieds dans le centre-bourg.

C’est de l’habitat trop modeste, ça ne les intéresse pas. D’autant que les petits vieux ne sortent jamais de chez eux… Est-ce qu’on va s’embêter à les bâillonner avec du scotch pour leur voler une soupière de famille ? Bah non.

L’été, là, c’est différent. Grosso modo, notre population quadruple, on doit passer de sept cents âmes à trois mille. Vous imaginez bien que le travail du gendarme change… On fait du voisinage, des nuisances sonores et beaucoup de vols de vélos. Les gens sont en vacances, alors ils pensent que ce n’est plus la peine de les attacher. Vous feriez pareil chez vous ? je leur demande. Ils croient qu’ils ont laissé leurs problèmes derrière eux, alors qu’ils viennent avec. Je vais vous dire le fond de ma pensée, et ça ne concerne pas que les Parisiens, c’est bon pour tous les estivants. Quand ils débarquent dans nos petits villages, ils ont encore le mythe du bon sauvage dans leurs têtes. Tout le monde

il est beau, tout le monde il est gentil.

Oui, mais non ! À la campagne, on a aussi nos crétins. C’est plutôt qu’aux vacances, on en importe des nouveaux en quantité. En août dernier, combien on a fait d’ébriétés sur la voie publique ? Pfff… Les soirées qui se finissent en castagne dans les campings, la violence conjugale… Ça, de plus en plus. Je ne comprends pas. Même en changeant de président, en changeant tout, je ne suis pas certain qu’on arrivera à améliorer la situation. Je n’y crois plus trop. C’est dans la tête des gens, y a quelque chose qui ne tourne plus rond.

Pardon ? Bien sûr, j’en reviens à madame Guillou. L’incident lui arrive fin septembre, donc ce n’est pas lié à de la surchauffe estivale. Milieu de semaine en plus, on ne peut même pas incriminer des Nantais de passage en week-end. Voyez, ça doit être un gars de chez nous. C’est quand même malheureux.

Qu’est-ce qu’on lui veut à Simone ? Et je ne l’appelle pas par son prénom pour lui manquer de respect, je ne me le permettrais pas. D’ailleurs, j’aurais pu commencer par ça, par vous dire que je la connaissais, pas très bien, mais depuis longtemps. Depuis toujours, à vrai dire. Son mari tenait le salon de coiffure pour hommes du bourg, papa y était client. Gendarme, comme moi.

Le métier, chez nous, c’est de père en fils. Il y allait tous les quinze jours pour tenir propre sa coupe en brosse et moi aussi, gamin, je me suis fait couper les cheveux par René. C’était à l’ancienne, vous n’avez pas connu ça, vous. Le fauteuil en skaï marron avec une pédale pour le faire basculer pendant le shampoing, les torchons blancs sur les épaules et deux feuilles de papier crépon autour du cou… Maintenant que je vous parle, je revois même les affiches

Pétrole Hahn au mur.

À l’époque, Simone n’était pas encore dans le commerce. Elle récoltait le sel. Vous le savez, qu’elle avait été saunière ? Quand elle a arrêté, pas toute jeune hein, elle a tenu la caisse de la coiffure qui se trouvait dans une pièce attenante. Y avait un présentoir, je me souviens, avec un tas de peignes différents, des blaireaux, des ciseaux à barbe… Faut croire que ça ne lui  suffisait pas, parce qu’elle a fini par transformer ça en vraie boutique. Pour le coup, c’est avec ma mère que j’y allais et ce n’était pas une partie de plaisir, croyez-moi ! Ça durait… Mais ça durait…

Elles n’en finissaient plus de papoter. Ce que ma mère achetait ? Trop rien, il me semble. Ou peut-être un peu de maquillage, de la bijouterie de pacotille, honnêtement, j’ai oublié. Moi, je préférais aller traîner À l’asticot, le magasin d’articles de pêche plus bas dans la rue.

En tout cas, les grandes fenêtres de la maison Guillou, c’étaient les vitrines de leurs deux commerces avant, la coiffure d’un côté, une sorte de bazar-parfumerie de l’autre.

Voilà que je ne sais plus si je dois dire Simone ou bien madame Guillou. Et de la voir tellement chamboulée, ça m’a fait quelque chose. Il paraît que ça n’allait déjà pas très fort ces derniers temps, qu’elle ne tenait pas la grande forme… Le  moral, d’après ce que j’ai compris.

Nos Anciens, ils sont bien lotis ici, personne n’ira prétendre le contraire. Ils ont le bord de mer, ils ont le marché du samedi. Et en saison, il y a pas mal d’animation dans le bourg. Puis Simone, elle a sa petite-fille qui vient souvent, à ce qu’il paraît. Ça n’empêche, hein… La suite, on la connaît. On le sait, ce qui nous attend… Alors arrivés à un certain âge, ça n’incite pas à la gaieté.

Un vol comme elle a subi, ce n’était vraiment pas nécessaire. Oui, je l’ai sentie secouée. Je vous assure qu’on fera notre possible pour pincer le gars. Bon, la brigade de Bourgneuf, ce n’est pas non plus le 36 quai des Orfèvres, hein…

Mais bon sang de bon sang, si on réussit

à choper ce petit saligaud…

Elle était en ciment, cette grenouille. Ça doit aller chercher dans les quatre-vingts kilos. Pas un truc qu’on prend sous le bras ou qu’on balade à mobylette…

Ne me regardez pas comme ça, je vous dis qu’on va chercher.

2

Des jours que ça dure, que du monde passe exprès devant chez elle.

Une espèce de défilé comme sur les Champs-Élysées, rue de l’Église à Barthon-en-Retz, on aura vraiment tout vu. Qu’est-ce qu’ils ont besoin de déambuler par ici ?

Simone a beau faire mine de s’étonner, elle sait.  Évidemment qu’elle a compris. Les gens, ça a vite le goût du sang en bouche. Ils viennent vérifier, voilà ce qu’ils font. Constater de leurs propres yeux. Dissimulée derrière ses voilages, elle les regarde ralentir le pas devant sa maison. Certains s’arrêtent carrément, pas gênés pour un sou. Même madame la maire ! Elle espérait une plaque commémorative à dévoiler ? Tout ça finirait par rendre mauvais… Et celle qui est venue avec son gros appareil photo, elle croyait quoi ? Que l’absence, ça se visite ? Qu’ils aillent au cimetière dans ce cas !

Simone, il n’y a qu’une chose qu’elle voudrait, c’est qu’on la laisse tranquille. Qu’on l’oublie. C’est pour ça qu’elle se retranche dans sa cuisine, histoire de se mettre à l’abri. Du temps où René et elle tenaient leurs commerces, c’était l’unique pièce à vivre dont ils disposaient. Son fenestron donnant sur une courette, le pauvre soleil n’a aucun moyen d’y entrer, si bien qu’à l’époque on devait souvent lutter contre la tentation d’allumer l’électricité.

Aujourd’hui, ça ne la dérange pas de rester dans le noir. Au contraire.

Réfugiée là, Simone songe à ce qu’il reste de son crapaud. Une marque ronde au milieu de son gazon et c’est tout. Trente ans qu’il était là, que l’herbe lui poussait gentiment autour et maintenant il n’y a plus qu’une tache. Pour faire image, Simone dirait que ça évoque une soucoupe volante qui aurait brûlé le sol en se posant dessus. D’ailleurs, où en sont-ils, les scientifiques, au sujet des Martiens ? À la vitesse où le monde change, si ça se trouve. Non. Quand bien même on saurait à présent qu’ils existent, quel intérêt pour eux de s’en prendre à une bestiole en ciment ? Ça ne tient pas comme hypothèse.

L’embêtant, c’est qu’il n’y en a aucune autre qui lui vient. L’envie ? Quelqu’un qui trouvait le crapaud à son goût ? Avec ce qu’on voit de nos jours, pas impossible. Il me plaît, je le prends et c’est marre.

Le gendarme Descote pense plutôt à une blague. Ça, Simone peine à y croire. Qu’on lui explique d’abord ce que ça aurait de drôle. »

Extrait

« Heureusement que Céline semble très à son affaire à présent, c’est ce qui importe. Elle explique que son intention n’avait jamais été d’employer des acteurs. Elle, ce qui la passionne, ce sont les gens, les vrais. Les ordinaires, tout un chacun vous et moi, Et sa théorie, c’est qu’on a une fiction cachée dans nos vies. Une réalité augmentée qui nous est propre, une plus grande version de nous-mêmes. Son projet à elle étant de trouver le moyen de dévoiler cela. » p. 257

À propos de l’autrice

Alexia Stresi © Photo Pascal Ito

Alexia Stresi est une actrice, scénariste et romancière née le 11 septembre 1971 à Nantes. Elle grandit au sein d’une famille d’artistes, sa mère étant une danseuse classique, son grand-père ayant été chanteur d’opéra et sa grand-mère étant pianiste. La jeune fille fait une classe préparatoire puis elle obtient une licence d’allemand et une licence en philosophie.

Alexia Stresi s’imprègne de l’univers du cinéma grâce au cinéaste Costa-Gavras, chez qui elle travaille pour payer ses études. Passionnée, elle change de voie part étudier l’écriture de scénarios à Prague, à l’Académie du film. Elle traverse ensuite l’Atlantique pour passer un master d’écriture de scénarios à la Columbia University de New-York. Alexia Stresi est admise pendant un an à la villa Medicis (l’Académie de France à Rome), puis elle complète sa formation avec le cours Florent, à Paris.

La scénariste coécrit pendant un temps des longs-métrages avec le cinéaste tchèque Miloš Forman. En 2000, elle signe scénario de Sans Plomb de Muriel Teodori, puis en 2002 celui de The Piano Player. Elle ensuite des scénarios de téléfilms tels que Courrier posthume, réalisé en 1996 et Amour fou, tourné en 1997.

Alexia Stresi a tôt fait de passer devant la caméra. Elle fait ses débuts dans la Petite Apocalypse, sorti en 1993, puis dans Grande Petite, l’année suivante. C’est le film surtout le film Trop (peu) d’amour de Jacques Doillon qui la révèle au grand public en 1998. Alexia Stresi apparaît au cinéma jusqu’en 2012 dans divers films : Total Western, en 2000, Le Quatrième Morceau de la femme coupée en trois, en 2007, Sagan, en 2008 et Mes Héros, en 2012.

En 2017, l’actrice publie son premier roman, Looping, qui est retenu dans la sélection finale du prix Goncourt du meilleur roman et couronné du Grand Prix de l’héroïne Madame Figaro. Suivront Batailles (2021), Des lendemains qui chantent (2023) et Grand prince (2026).

Côté vie privée, Alexia Stresi est la compagne de l’acteur François Berléand, qu’elle rencontre en 2000, sur le tournage du film d’horreur Promenons-nous dans les bois. Ils se mettent en couple quatre ans plus tard. Ensemble, ils donnent naissance aux jumelles Adèle et Julie, qui voient le jour en décembre 2008.

de Batailles (2021). (Source: Gala / Éditions Stock / Wikipédia)

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