En deux mots
Une nouvelle maison d’édition parie sur la force des textes courts. 49 pages pour raviver la flamme de la lecture et des premiers titres qui tiennent leurs promesses : un recueil collectif sur les moments de bascule, un récit sur l’amour à l’ère numérique, un témoignage brut du front ukrainien.
Quand la littérature brûle en 49 pages
Les éditions 49 pages naissent d’un pari simple : la littérature n’a pas besoin d’être longue pour être vivante. Pierre Poligone, leur créateur en fait la démonstration en publiant ces premiers titres : « Départ de feu », « Les amours rudimentaires » et « Le nom de la bataille ».
« Le premier corps qu’on enlace existe dans tous les suivants. Le premier livre qu’on ouvre devient à jamais notre littérature. Sans ma rencontre avec Betty à l’âge de quinze ans, je n’aurais pas écrit. Sans elle ces mots aujourd’hui n’existeraient pas. Les premières fois vous marquent à jamais. Les brûlures qu’elles vous laissent sont l’origine de tout. »
Cette citation de Frédéric Perrot, extraite de la nouvelle « Ooohh », donne le ton de Départ de feu. Le recueil qui inaugure la collection rassemble douze auteurs : Sara Bourre, Nicolas Chemla, Lisa Delille, Victor Dumiot, Norman Jangot, Olivier Liron, Clémentine Haenel, Benjamin Hoffmann, Guillaume Sire, John Jefferson Selve, Lou Syrah et Daphné Tamage. Douze voix, douze manières d’explorer l’instant où l’existence bascule.
Ces courtes histoires traversent tous les registres. Elles affirment que c’est dans ces moments de rupture que la fiction trouve sa source. Quand l’existence devient épreuve, elle trace des lignes de fuite et invente de nouveaux points d’ancrage. Autant de foyers où naissent d’autres imaginaires. Chaque texte brûle d’une intensité particulière. On ressort de cette lecture avec l’impression d’avoir vécu douze vies en quelques pages.
Pierre Poligone explique son projet : « La littérature n’a pas besoin d’être longue pour être vivante. Nous publions des textes courts qui donnent le goût de lire. Chaque texte explore ce moment où la vie bascule : quand quelque chose change, brûle, vacille ou renaît. Des histoires intenses, humaines, qui tiennent dans la main mais continuent d’habiter longtemps. Notre ambition : rendre à la littérature son feu, qu’elle soit étincelante, brûlante et chaleureuse. »
Les amours rudimentaires d’Ève Guerra en fait la démonstration. Le livre nous conte l’histoire d’Anna qui, après une rupture amoureuse, demande à une intelligence artificielle de lui élaborer une stratégie pour reconquérir son homme. On l’imagine, Chat GPT va répondre à cette demande. Mais avec quel résultat ? À la fois réflexion sur l’addiction au numérique dans nos vies et mise en garde contre de nouvelles dépendances, ce texte vous surprendra, vous révoltera peut-être, mais ne vous laissera sûrement pas indifférent.
Il en ira de même pour Le nom de la bataille de Tom Buron. L’auteur a été volontaire en Ukraine entre 2022 et 2024 : humanitaire, logistique, puis militaire. Il raconte le quotidien d’un jeune volontaire français, droniste au sein d’une brigade de l’armée ukrainienne. On le retrouve au moment où il part rejoindre son unité après une permission. L’occasion de se remémorer son parcours et de faire le point sur ce conflit qui dure. Un conflit qui change à jamais la vie de ceux qui y sont directement confrontés. Un texte fort qui laisse un goût amer, entre révolte et sidération. La guerre racontée sans filtre ni héroïsme.
Autre originalité de ces petits livres : chacun d’entre eux est accompagné d’une carte postale. Elle peut servir de marque-page. Mais aussi permettre au lecteur de noter son ressenti, ses propres réflexions. Un geste simple qui prolonge l’expérience de lecture. Qui transforme le livre en dialogue. La carte devient trace, mémoire, invitation à écrire à son tour.
Les éditions 49 pages proposent également un abonnement annuel. Une formule qui soutient directement cette création éditoriale originale. « Parce qu’il suffit de quelques pages pour rallumer la flamme. Parce qu’un texte court toujours. » Le slogan n’est pas qu’un joli mot. C’est une promesse tenue page après page. Bon vent !
Départ de feu
Sara Bourre, Nicolas Chemla, Lisa Delille, Victor Dumiot, Norman Jangot, Olivier Liron, Clémentine Haenel, Benjamin Hoffmann, Frédéric Perrot, Guillaume Sire, John Jefferson Selve, Lou Syrah, Daphné Tamage.
Éditions 49 pages
48+16 p. et une carte postale, 7,49 €
EAN 9782488683005
Paru le 15/01/2026
Ce qu’en dit l’éditeur
Quand est-ce que tout a basculé dans votre vie ? Départ de feu rassemble quatorze écrivains contemporains pour raconter ces moments où la vie déraille et s’embrase. Quatorze textes brefs et intenses, traversant tous les registres, qui affirment que c’est dans ces moments de bascule que la fiction trouve sa source. Quand l’existence devient épreuve, elle trace des lignes de fuite et invente de nouveaux points d’ancrage, autant de foyers où naissent d’autres imaginaires.
Les amours rudimentaires
Ève Guerra
Éditions 49 pages
48 p. + une carte postale, 7,49 €
EAN 9782488683029
Paru le 15/01/2026
Ce qu’en dit l’éditeur
Lorsqu’Octave lui annonce son départ pour Paris, Anna, écrivaine lyonnaise en panne d’inspiration, est prise d’une colère soudaine, qu’elle s’efforce de contenir. Elle se sent abandonnée, utilisée. Elle aimerait se venger de ce nouvel amant qui a préféré lui cacher son déménagement au début de la relation. Aidée par l’intelligence artificielle, elle met en place une stratégie pour le pousser au désespoir et le reconquérir. Y parviendra-t-elle ? Dans Les amours rudimentaires, Ève Guerra montre que la technologie peut constituer le degré zéro de l’amour. À travers le récit d’une passion obsessionnelle alimentée par les conseils d’une intelligence artificielle, ce récit psychologique évoque la manière dont notre addiction aux écrans faussent les rapports humains. Entre écriture intime et réflexion critique, cette fiction singulière questionne la place du désir, de l’addiction et du numérique dans nos vies.
À propos de l’autrice
Ève Guerra est une écrivaine française d’origines congolaise et italienne. Enseignante de lettres classiques, elle est l’autrice de Corps profonds (Le Réalgar, 2022) et de Rapatriement (Grasset, 2024), couronné par le Goncourt du premier roman.
Le nom de la bataille
Tom Buron
Éditions 49 pages
48 p. + une carte postale
EAN 9782488683036
Paru le 15/01/2026
Ce qu’en dit l’éditeur
Troisième été de la Guerre en Ukraine, Pokrovsk, région du Donbass. L’armée russe avance, village après village… Engagé comme ingénieur droniste au sein d’une brigade de l’armée ukrainienne, un jeune volontaire français retourne au front après une permission de quarante-huit heures. Confronté à la violence du monde et la fragilité des hommes qui se battent, Jazz est plongé dans les entrelacs de l’Histoire qui pénètrent jusque dans sa chair. Dans ce texte poétique et cru, Tom Buron invente une langue fraternelle, apte à dire la guerre sans se réfugier derrière l’héroïsme.
À propos de l’auteur
Tom Buron est né en 1992 en banlieue parisienne. Il est notamment l’auteur de longs poèmes tels que Les cinquantièmes hurlants (Gallimard, 2025) et Marquis Minuit (Castor Astral, 2021). Entre 2022 et 2024, il est volontaire – humanitaire, logistique, puis militaire – auprès des Ukrainiens.
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