Rencontres avec les loups dans les Alpes, sur les pas de ce naturaliste passionné qui a eu la chance et le bonheur de croiser et d’observer canis lupus à plusieurs reprises en quelques années. le texte relève du pur carnet de terrain, fourmillant de descriptions de la montagne, des conditions d’affûts, émaillé de très belles photos et de quelques rares croquis de la faune locale.
Une belle occasion d’en savoir plus sur la vie et le comportement des loups dans leur milieu naturel, de découvrir à quel point il est difficile de les voir, de les croiser, le facteur chance étant souvent déterminant.
Si on pénètre l’intimité des loups dans leur quotidien (repos, chasse…) on mesure pleinement leur intelligence et leurs remarquables capacités d’athlètes. Trottant sans efforts sur de longues distances, prenant le temps d’analyser une situation (rencontre fortuite avec l’humain) pour déterminer s’il y a danger ou non, et remarquable capacité à déceler la présence du naturaliste, malgré toutes les précautions prises par ce dernier pour tenter de s’invibiliser le plus possible.
Chaque rencontre est un cadeau, une émotion et un souvenir à garder précieusement pour plus tard.
C’est là que réside la force du récit, outre le fait qu’il s’agit de précieux témoignages car ce sont des observations faites sur le territoire français, et ce n’est pas si courant dans toutes les publications qui sont consacrées aux loups.
Cette force, donc, est le sentiment de communion qui s’installe entre le lecteur et l’auteur. Par le truchement de ses propres émotions, du respect dont il fait preuve envers ce prédateur, il transmet un peu de cette magie, et partage ce bonheur fugace, qui est de pouvoir assister, en témoin privilégié, à quelques moments de vie de ces loups, sinon en harmonie avec eux du moins en paix.
J’ajouterai tout de même ceci : même un ami des loups peut devenir un perturbateur. A plusieurs reprises, le naturaliste-photographe dérange les loups et parfois avec des conséquences fâcheuses. Un exemple, il assiste à la capture d’un mouflon par une meute, mais il se fait repérer. Les loups abandonnent donc leur festin et le photographe ne les reverra pas. Résultat, des loups qui n’auront pas mangé à leur faim, et la carcasse du mouflon sera dévorée par d’autres espèces. Une action dommageable pour un prédateur qui n’a pas l’occasion de manger tous les jours.
Au terme de cette belle lecture, je n’ai pu m’empêcher de l’envier bien sûr. Et pour terminer, vous noterez que malgré ses rencontres avec les loups, Patrice van Oye est toujours vivant. Se pourrait-il qu’on nous ait menti sur le goût des loups pour la chair humaine ?