Abysses de Frank Schätzing

Par Folfaerie

Gros coup de coeur de l’année 2023 que j’ai envie de relire tout récemment, et j’ai pris autant de plaisir à la relecture.
Ce gros pavé est à la fois un roman d’anticipation et un thriller écologique qui m’a semblé être bien plus efficace que bon nombre de manifestes en faveur du Vivant. C’est là le grand pouvoir de la fiction.
Un grand nombre d’incidents voire parfois d’accidents tragiques surviennent en plusieurs endroits sur la planète, apparemment sans liens entre eux, si ce n’est que tous sont causés par des créatures marines.
Méduses, baleines, orques, moules, crabes et homards, bref l’univers marin se révolte contre le genre humain. Une poignée de scientifiques de nationalités différentes et de disciplines diverses vont unir leurs compétences et leur intelligence pour comprendre l’origine de la menace.
J’ai aimé apprendre et enrichir mes connaissances (vous connaissez les guêpes de mer ? Et savez-vous comment se forme un tsunami?) sans jamais m’ennuyer une seule fois, y compris sur le sujet assez technique des hydrates de méthane. C’est pour moi le grand point fort du roman. Toutes les catastrophes reposent sur des faits scientifiques rigoureux, et c’est bien ce qui donne le tournis.
L’exploitation des ressources marines et sous-marines, le tourisme de vision, la pollution et la mondialisation des échanges commerciaux ont tous un impact sur les océans et une catastrophe en entraîne une autre, aux conséquences parfois insoupçonnées par les humains.
De scènes dramatiques en révélations stupéfiantes, le lecteur commence à entrevoir la vérité et donc la nature de cette menace, au fil des trouvailles et déductions de l’équipe de scientifiques.
C’est d’ailleurs le second point fort, des personnages bien campés, attachants et cherchant à tout prix une issue honorable à ce qui ressemble bien à un conflit entre le monde des océans et le genre humain.
Mention spéciale spéciale à Léon Anawak, le spécialiste des baleines, à Greywolf le militant sans concessions, à Samantha ou encore à Sigur Johanson.
Il fallait un grand méchant, à la hauteur de cette histoire terriblement réaliste et très émouvante, et qui d’autre que le gouvernement américain pour l’incarner ? La réalité rejoint souvent la fiction, je n’y ai donc vu nulle caricature, nul cliché, mais bien un scénario des plus probables.
La fin est à la hauteur des enjeux, et je souhaite réellement qu’à travers ce roman, les mentalités, les comportements puissent évoluer vers le respect de toutes les autres créatures vivantes avec lesquelles nous cohabitons, bon gré mal gré, sur cette planète.
PS: depuis quelques années, on constate une recrudescence d’incidents entre des orques et des voiliers, qualifiés hâtivement d’attaques par les médias avides de ferrer le lecteur trop crédule. Ces incidents n’en restent pas moins troublants, une fois qu’on a lu Abysses.

A noter : le roman a fait l’objet d’une adaptation en série à la tv, réalisée en , c’est elle qui m’a donné envie de lire le roman.