La maison vide - Laurent Mauvignier

Publié le 16 décembre 2025 par Nathalie Vanhauwaert

 La maison vide  -  Laurent Mauvignier



Les éditions de minuit
Parution : août 2025
Pages : 752
Isbn : 9782707356741
Prix : 25 €Prix Goncourt 2025
Présentation de l'éditeur
En 1976, mon père a rouvert la maison qu’il avait reçue de sa mère, restée fermée pendant vingt ans.
À l’intérieur : un piano, une commode au marbre ébréché, une Légion d’honneur, des photographies sur lesquelles un visage a été découpé aux ciseaux.
Une maison peuplée de récits, où se croisent deux guerres mondiales, la vie rurale de la première moitié du vingtième siècle, mais aussi Marguerite, ma grand-mère, sa mère Marie-Ernestine, la mère de celle-ci, et tous les hommes qui ont gravité autour d’elles.
Toutes et tous ont marqué la maison et ont été progressivement effacés. J’ai tenté de les ramener à la lumière pour comprendre ce qui a pu être leur histoire, et son ombre portée sur la nôtre.
Laurent Mauvignier
Laurent Mauvignier est né à Tours en 1967. Romancier et dramaturge, il a publié toute son œuvre aux Éditions de Minuit, notamment Apprendre à finir (2000, prix du Livre Inter et prix Wepler), Dans la foule (2006), Des hommes (2009), Ce que j’appelle oubli (2011), Continuer (2016) et Histoires de la nuit (2020). En 2025, il fait paraître La Maison vide.
Bibliographie (extrait) :
* Loin d'eux, roman (Minuit, 1999 et "Double" n°20, 2002).
* Apprendre à finir, roman (Minuit, 2000 et "Double" n°27, 2006).
* Ceux d'à côté, roman (Minuit, 2002).
* Seuls, roman (Minuit, 2004).
* Le Lien (Minuit, 2005).
* Dans la foule, roman (Minuit, 2006 et "Double" n°60, 2009).
* Des hommes, roman (Minuit, 2009 et "Double", 2011).
* Ce que j'appelle oubli (Minuit, 2011).
* Tout mon amour, théâtre (Minuit, 2012).
* Autour du monde, roman (Minuit, 2014 et "Double", 2016).
* Visages d'un récit, avec un entretien avec Othello Vilgard et le DVD du film Tout mon amour (Capricci, 2014).
* Retour à Berratham, théâtre (Minuit, 2015).
* Continuer (Minuit, 2016 et "Double", 2018).
* Une légère blessure, théâtre (Minuit, 2016).
* Voyage à New Delhi ("Double", 2018).
* Histoires de la nuit, roman (Minuit, 2020 et "Double", 2022).
* L'Orage, d'Alexandre Ostrovski, adapté par Laurent Mauvignier, théâtre (Minuit, 2023).
* Proches, théâtre (Minuit, 2023).
* La Maison vide, roman (Minuit, 2025)
* Quelque chose d'absent qui me tourmente - Entretiens avec Pascaline David ("Double", 2025)
source : éditions de minuit

Mon avis
Un roman fleuve de 744 pages tout de même , qui se lit, il est vrai si l'on a du temps à lui consacrer, de manière assez fluide et rapide tant l'écriture est belle.  Cependant arrivée à la moitié, et ayant moins de temps pour lire, j'avoue avoir perdu le rythme et avoir un peu peiné à le relancer, c'est le bémol que je lui porte.
Laurent Mauvignier, à la recherche d'une médaille dans une commode de la maison de son enfance nous offre une fresque sur le siècle dernier à la recherche de ses ancêtres, d'explication sur le poids des secrets et du passé que l'on porte en soi cherchant une explication au suicide de son père lorsque lui-même était âgé de 16 ans.
Ce livre c'est l'histoire d'une maison, d'un piano, d'une famille mais aussi le tracé d'une époque mêlant la grande Histoire à la sienne.  C'est remonter à la source, à l'origine de la famille, de son arrière-arrière-grand-père, Firmin Proust et son épouse Jeanne Marie qui ont scellé le destin de sa descendance, de sa fille, sa préférée, Marie-Ernestine l'arrière-grand-mère animée d'une passion pour la musique et le piano.  C'est la condition des femmes, leur rôle, la soumission à la décision du patriarche. 
C'est un rêve qui s'envole pour Marie-Ernestine, un amour non choisi, une autre femme sa fille, Marguerite effacée de la famille.
J'ai aimé l'écriture immersive, qui vous prend et vous fait vivre le personnage de l'intérieur, on a l'impression d'être dans sa tête, avec elle, de vivre son époque, de ressentir, de visualiser tout, d'y être.  Une écriture des grands écrivains du 19ème, mélange entre Flaubert, Zola, Maupassant et Proust pour la longueur des phrases.  Tout est détaillé, passé au scalpel pour que l'on ressente sans dialogues ou presque. Je trouve cet aspect remarquable.  
J'ai par contre perdu le rythme par moments, me suis un peu traînée, ennuyée même jusqu'à le retrouver si j'avais plus de temps de lecture.  Je suis heureuse de l'avoir lu, j'ai vraiment dans l'ensemble passé un bon moment mais il m'a manqué la constance de ce plaisir.
Ma note : 9.5 /10
Lecture faite avant la proclamation du Prix Goncourt
Les jolies phrases
J'en ai relevées beaucoup , je triche pour une fois et vous renvoie sur Babelio