Faut-il en finir avec les contes de fées ? de Jennifer Tamas

Par Mrs Turner @mrsturner6259

Éditeur : de la Martinière
Pages : 32 pages
Parution : 12 avril 2014
Genre: Essai

L’histoire:

Après #MeToo, le baiser non consenti de la Belle au bois dormant n’est plus synonyme d’émerveillement, la Belle est victime du syndrome de Stockholm, et le Petit Chaperon rouge ne veut plus être défini par sa beauté. À revoir les films Disney de notre enfance, le constat est sans appel : les contes défendent les inégalités de genre. Les personnages féminins des contes de fées sont de jeunes femmes passives et un brin idiotes, tandis que leurs homologues masculins sont au contraire puissants et courageux. Mais est-ce aussi simple ? Doit-on nécessairement boycotter ces contes qui nous paraissent dépassés ? Ou peut-on déconstruire notre héritage ?

Dans ce texte, Jennifer Tamas nous montre que les contes de fées ne sont pas voués à être jetés, mais doivent être relus, revisités, car ils nous éclairent sur notre société actuelle. Tout en dressant un portrait des inégalités de genre présentes dans les contes, elle rappelle le rôle de la conteuse et nous fait découvrir des personnages féminins forts écrits par des femmes. À travers de nombreux exemples cultes, Jennifer Tamas nous invite à redécouvrir les contes et à en tirer des leçons, pour apprendre à mieux vivre ensemble.

Mon avis:

Vous devez commencer à connaitre ma passion pour ces récits courts et percutants que nous proposent les éditions de la Martinière. Chacun sur des sujets de société, ils nous donnent des bases pour nous faire notre propre avis. En fin d’ouvrage, des ressources nous permettre de poursuivent nos recherches.

Le nouveau sujet de discussion est les contes de fées. Bien qu’ils sont décriés par certain, ces récits ont toujours leur utilité. On a d’ailleurs oublié que les premiers contes ont été écrits par des femmes aux XVIIe siècle. A l’instar de HC Andersen, Charles Perrault et les frères Grimm, l’une des premières conteuses en France fut Madame de Murat. Elle utilisait ses écrits pour véhiculer des messages aux jeunes filles sur le mariage, le consentement sexuel, l’appréhension du corps de l’autre et même l’opacité de son propre désir.

On associe beaucoup trop souvent les contes des fées à Disney. Les œuvres originales qui ont inspiré ces dessins animés sont souvent bien différentes. (On peut tenir ce discours pour bien des adaptations). Très souvent, il existe plusieurs versions à une histoire, souvent écrite par des femmes et oubliées. On connait par exemple la version de La Belle et La Bête de Madame de Villeneuve qui nous propose une version engagée et offre des réflexions d’actualité. Mais savez-vous qu’il en hésite une pour Cendrillon écrite par une femme ? C’est Marie-Catherine d’Aulnoy qui en est l’auteure et l’héroïne est loin d’être soumise.

Autant dire qu’avec la lecture de cet essai, j’ai encore appris énormément sur les contes. Au fil de ma lecture, j’ai souvent pensé au livre « La psychanalyse des contes de fées » que j’ai lu il y a quelques années. Ce livre est aussi très intéressant. En tout cas, j’ai un certain nombre de contes à me procurer maintenant !

Les contes recèlent un secret : leur sens ne s’épuise jamais et évolue en fonction des âges de la vie. Ils sont comme des couvertures magiques qui nous enrobent et grandissent avec nous. Mais surtout, ils nous aident, tout simplement, à vivre ensemble.

Faut-il en finir avec les contes de fées ? de Jennifer Tamas est un article de Les papiers de Mrs Turner.