Dans les entrailles du puzzle - Meriem Mialdea

Par Khiad

Par Khiad dans J'ai aimé le

Un puzzle qu'il tient autant à Léa qu'aux lecteurs/trices de résoudre.

Tout juste diplômée, Léa étouffe dans son village de Picardie et décide alors de partir vivre à Paris. Elle y rencontre l'amour et trouve un emploi dans une grande maison d'édition. Elle est comblée mais un jour où elle revient au village pour annoncer une nouvelle à sa famille, un drame se produit. De là naît un roman dans lequel les personnages font écho à son histoire, à moins qu'ils ne soient les acteurs de sa propre histoire. Léa y raconte ce jour où sa vie a volé en éclats et l'indicible dont elle a été l'objet. Le succès du livre est inattendu et retentissant. Quinze ans plus tard, elle se retrouve dans un huis clos avec les siens. Ils vont enfin crever l'abcès.



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Je voudrais tout d'abord commencer par remercier Meriem Mialdea pour m'avoir proposé son livre en SP via le site SimPlement.

J'en profite pour valider la catégorie n°32 Concernant la plume de Elle s'y sent enfin libre et enchaîne les expériences comme les petits boulots. Elle se fait très vite un cercle d'amis, trouve l'amour, puis un travail dans une grande maison d'édition. Tout va pour le mieux pour la jeune femme. Seule ombre au tableau, sa famille.
(Titre contenant la lettre Z) du Défi Lecture 2024.
Concernant la couverture, je la trouve simple mais aussi très bien construite avec son fond noir et blanc, qui fait écho à l'un des thèmes du livre, ainsi que son puzzle dont les pièces semblent tomber et qu'il faut reconstruire.

Meriem Mialdea, je l'ai trouvée agréable et fluide. Elle traite de sujets sérieux et d'actualité avec une touche de poésie qui donne un peu de rondeur à des angles tantôt aigus, tantôt graves. Quelques coquilles et répétitions sont néanmoins à signaler.
Léa a des rêves et des projets plein la tête. Elle vient tout juste d'obtenir son diplôme en lettres modernes et s'empresse de faire ce qu'elle souhaite depuis des années : fuir la campagne de la Picardie, la maison familiale, son père despote, sa mère soumise et ses frères et sœurs abîmés par leur enfance. Sa vie actuelle l'étouffe alors, contre la volonté de ses parents, elle s'enfuit à Paris.

C'est dans sa souffrance que Léa puisera la force d'en faire un livre, uneQuinze ans plus tard, elle se retrouve de nouveau avec sa famille au complet. Tous les cœurs sont plein de griefs, le sien comme les leurs. Qui sait s'il n'est pas enfin temps pour eux de crever l'abcès et de remettre de l'ordre dans le puzzle de leur famille ?
Elle retourne leur rendre visite, tendue. Elle a une nouvelle a leur annoncer, une nouvelle qui ne va pas leur plaire, et ne sait pas comment faire. Le stress monte. Elle a envie de se défiler mais se force à rester. C'est alors que le drame survient, bouleversant à jamais sa vie.
mise en abîme qui aura un énorme succès, complètement inattendu pour la jeune femme. Elle vivra le bonheur complet, mais toujours avec l'ombre de son passé planant au-dessus de sa tête comme une épée de Damoclès.
Je suis volontairement restée dans les grandes lignes du livre pour éviter de vous spoiler. Mais sachez que vous y trouverez du racisme, du rejet, des préjugés, de l'étroitesse d'esprit, de la violence, un déchirement familial, du mal-être et de la souffrance, mais aussi de l'amour, de la tolérence, de l'espoir et l'importance de vivre la vie que l'on a choisi. L'auteure aborde également les thèmes de la parentalité, du deuil, ainsi que celui de la psychanalyse.

J'avoue que j'ai parfois été un peu perdue dans la construction du récit qui alterne présent et passé sans repères chronologiques. Ayant terminé le livre, je pense qu'en fait c'est une bonne chose si on garde en tête l'image d'un puzzle (thème qui revient souvent). C'est à nous de tout remettre dans le bon ordre pour que toutes les pièces s'emboîtent et nous dévoilent ainsi le puzzle dans son ensemble. Après tout, les pièces ne sont jamais numérotés. ;-)En résumé, j'ai apprécié cette lecture atypique de part sa construction qui pourrait ne pas plaire à tout le monde et qui demande de l'attention. L'auteure y aborde des thèmes sérieux et toujours d'actualité, avec parfois quelques clichés qui ne sont pas, je pense, personnels, mais qui sont plutôt là pour servir l'histoire. Le tout avec une plume à la fois douce et poétique mais qui sait aussi être incisive quand il le faut.
Par contre, sortir au bout de trois jours de la maternité après une césarienne, surtout pour un premier enfant... Je trouve ça un peu rapide. Je vois par exemple pour Gremlin n°2, seule grossesse que j'ai mené à terme et sans complication sur les trois, je suis restée trois jours et demi. Cinq ou six pour Gremlin n°1 et cinq pour Gremlin n°3. Aucune césarienne.

J'ai cependant été agréablement surprise de voir mentionnée la rue Sainte-Anne (oui, je passe du coq à l'âne lol). C'est la seule dont je me rappelle de Paris, parce que je suis allée plusieurs fois (lors de mes rares passages en région parisienne) au restaurant de ramen Higuma. Qui est d'ailleurs excellent. ^^
Concernant la fin, je dois avouer qu'elle nous laisse, à dessein je suppose, osciller sur le fil du rasoir avec une dernière question en tête : Où s'arrête le "réel" et où commence la fiction ?

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