Six versions - Tome 3 Le Disparu du Wentshire

Par Lalitote

Je remercie les Editions Equinox Les Arènes pour l'envoi de ce livre. 

 Matt Wesolowski 

Un mot de l'auteur

Matt Wesolowski est un auteur britannique de Newcastle. Ses romans consacrés à Scott King rencontrent un succès grandissant partout dans le monde. Six versions est le premier roman de la série dans
la collection EquinoX.

Présentation de l'éditeur

Un enfant disparu, une famille dans le déni. Six témoins, six versions, où est la vérité ?

Noël 1988. En pleine forêt du Wentshire, Sorrel Marsden arrête sa voiture pour découvrir l'origine d'un bruit inquiétant. Lorsqu'il rejoint l'habitacle, Alfie, son fils de sept ans, a disparu. L'enfant n'a jamais été retrouvé. Il a été officiellement déclaré mort en 1995.
2018. L'énigmatique journaliste Scott King, auteur du célèbre podcast Six Versions, va tenter d'élucider le mystère qui entoure le drame. Il interroge les témoins, parmi lesquels Sorrel et son ex-compagne. Son enquête le mène au coeur de la forêt du Wentshire, lieu propice à d'étranges visions et hanté de créatures légendaires...
Comment Alfie a-t-il pu disparaître ?
Avec Six Versions, Matt Wesolowski renouvelle le genre du thriller par un dispositif génial. Entre hyperréalisme et fantastique, il joue avec nos nerfs. Chacun se prend pour un détective jusqu'au dénouement final, époustouflant.

Ma chronique : 

Retrouvons Scott King pour un nouveau podcast d'investigation au sujet de la disparition du jeune Alfie bien une trentaine années plus tôt. Le principe reste le même que dans les deux tomes précédents. Une affaire classée remise au goût du jour par ce journaliste talentueux en six témoignages et l'auditeur peut se faire lui-même sa propre opinion. Alfie Mardsen a sept ans, il dort à l'arrière de la voiture de son père quand celui-ci s'arrête alors que la voiture fait des bruits inquiétants au moment même où ils traversent la forêt du Wentshire. Une forêt qui enflamme toutes les imaginations tant elle apparaît sombre et effrayante avec son petit peuple. La tête dans le capot ; le père de famille ne se rend pas compte de la disparition de son fils. Le siège auto est vide et la porte grande ouverte. Où est passé Alfie ? En 1995 le petit garçon sera déclaré officiellement mort. 

C'est bien ce troisième tome qui m'a le plus embarqué. Un cas vraiment très touchant et qui aborde une thématique bien plus pernicieuse qu'il n'y paraît au premier abord. Je n'ai pas été déçue par ce roman noir dont les six voix viennent vous tordre le cœur et l'esprit. Un brillant scénario, mystérieux à souhait soutenu par des personnages touchants qui se livrent et créent une atmosphère glaçante. J'ai adoré qu'il ne s'agisse pas seulement de la disparition d'un enfant mais aussi de la façon pernicieuse dont une personne manipulatrice peut en amener une autre jusqu'à son point de rupture. Alors même si j'ai vu venir le retournement final, j'ai aimé ce tome fantastique à plus d'un titre. Les tomes peuvent se lire séparément et pourtant si cela devait finir en trilogie, ce dernier tome est juste parfaitement à sa place. Bonne lecture. 

Citations : 

À cet instant précis, je contemple un petit garçon perdu. J’ai envie de le prendre dans mes bras, de le caresser. Mais c’est hors de question : j’aurai des problèmes si on me surprend. Je me contente donc de sortir mon flacon de bulles de savon. Je les appelle « les bulles de secours ». D’un souffle, je projette un chapelet de sphères translucides entre l’enfant et moi. Il rit, il adore ça. Les bulles éclatent sous ses doigts, aussi vite que je les forme.

Moi aussi, je m’amuse. Bientôt, nos rires éclipsent les chansons dans le couloir. Soudain il me dévisage et ses traits se plissent. Le garçon perdu se volatilise. Enfin, presque. Je le devine encore au fond de ses yeux.

« Madame Rice ? » dit-il. Je lui adresse un large sourire et il reprend : « Madame Rice ? Je peux vous appeler maman ? »


Je n’avais pas touché un verre durant ma grossesse. Mais dès que j’ai su qu’Alfie ne risquait plus rien… j’ai juste… les journées passaient plus vite comme ça. Quand vous êtes isolée avec un enfant en bas âge, c’est dur. Alfie était tellement exigeant, la moindre étape de son évolution s’effectuait au ralenti : la marche, la parole… En tant que mère, je ne me sentais pas à la hauteur. En tant que compagne non plus. Personne ne vous avertit et personne ne parle de l’ennui mortel qui vous tombe dessus lorsque vous vous retrouvez entre quatre murs, en tête à tête avec un gosse. Les heures interminables à nettoyer, à changer les couches, à surveiller la sieste, à donner la becquée. J’abrégeais le supplice avec l’alcool.