La nouvelle rencontre batman/spawn est chez urban comics

Par Universcomics @Josemaniette

 On peut imaginer l'existence des différents univers narratifs, propres à chacun des grands éditeurs américains, comme des dimensions parallèles qui coexisteraient, tout en s'ignorant le plus clair du temps. Et parfois, survient une brèche et l'impensable se produit, le temps d'un petit crossover inter-compagnies. Spawn et Batman, ce n'est pas rien, puisque nous avons d'un côté le super-antihéros le plus connu d'Image Comics et de l'autre, la locomotive des ventes de DC comics. Chez Urban, on met les bouchées doubles en ce mois de novembre, avec d'un côté les premières aventures des deux personnages réunis et de l'autre, l'apparition de l'histoire la plus récente, écrite en début d'année par Todd McFarlane et dessinée par Greg Capullo. Ce sont les drames intimes qui rapprochent conceptuellement le Dark Knight et Spawn : le premier cité a tragiquement perdu sa mère, le second Wanda, la femme de sa vie. La perte d'une figure féminine en commun, qui sera toujours recherchée; un manque impossible à combler. Sauf qu'une nouvelle chance se profile à l'horizon pour Al Simmons, la possibilité de sauver l'âme de Wanda, à condition d'avoir la force d'affronter une créature de noirceur qu'on lui a présentée comme l'ennemi absolu. Peu importe que Martha Wayne et Wanda soient mortes le même jour finalement, que cela soit vrai, crédible ou pas, ce qui est réel, c'est que les méthodes musclées des deux compères vont devoir un temps trouver un terrain d'entente pour s'opposer aux machinations qui se trament, notamment celle de la Cour des Hiboux, qui existe dans une autre version chez Spawn, en tant que Cour des Prêtres. Crime Alley, Gotham City, la rue la plus célèbre et intimement liée à Batman accueille alors le combat de deux titans de l'édition des comics, qui vont d'abord se taper dessus, avant de s'entendre, comme le veut la tradition éprouvée. 

Globalement, vous ne devriez pas être déçus par cette association entre Batman et Spawn, car elle répond aux attentes de la plupart des lecteurs. Le choix de Todd McFarlane est de situer son récit dans la droite ligne de ce qu'a pu faire Scott Snyder sur Batman, il y a quelques années, notamment le parti-pris esthétique de présenter un joker dont la peau du visage a été arrachée, avant d'être replacée sommairement avec des élastiques. Une vision horrifique qui colle bien au ton de ce récit de cinquante pages et donc très court, mais qui est illustré à merveille par un Greg Capullo qui semble être la bonne personne au bon endroit, au bon moment. Si vous êtes un fan de ce dessinateur, la vraie surprise c'est que vous trouverez dans cet album chez Urban Comics la version originale en anglais noir et blanc de l'histoire, mais aussi une version uniquement à base de crayonnés. C'est la raison pour laquelle le prix est de 19 € et la pagination dépasse les 170 unités, alors qu'en réalité le récit de base est bien plus court et laisser supposer une publication plus mince et bon marché. Nous mettrons ça sur le compte de l'événement, qui en effet n'est pas banal et permettra aux amateurs de jolis travaux bien ciselés de s'en mettre plein les mirettes ! Les variant covers aussi valent le déplacement. Si l'opération devait être reconduite régulièrement je serai un des premiers à protester mais s'agissant d'un cas tout à fait particulier, qui devrait d'ailleurs être prochainement agrémenté d'une suite (si on en croit le final ouvert), cela peut être compris. Dur de résister quand on est habitués aux aventures de Batman ou de Spawn, tant le duo émoustille rien qu'à y penser !
La couverture qui sert à illustrer cet article est la version collector spéciale Excalibur Comics. Vous pouvez la commander chez : Excalibur