Brzrkr tome 2 : la suite des aventures du comic book de keanu reeves

Par Universcomics @Josemaniette

 Keanu est de retour. Enfin, je veux dire plutôt le nouveau personnage qu'il incarne, cette fois-ci dans une bande dessinée. C'est-à-dire B tout simplement, une initiale que l'on peut compléter par d'autres consonnes jusqu'à former le mot BRZRKR. Il faut dire que notre sujet est particulièrement étonnant : à mi-chemin du mortel et de la divinité, il s'adonne régulièrement à des crises d'ultra-violence durant lesquelles sa force herculéenne fait des ravages. Et comme il peut guérir de toutes les blessures, on peut considérer qu'il est impossible de l'éliminer. C'est d'ailleurs un problème pour notre homme qui n'en est pas vraiment un : ne pas pouvoir mourir mais voir les autres partir, ne pas pouvoir fonder de famille ni être vu autrement que comme une force destructrice, au bout d'un moment, c'est aliénant… et c'est désormais une quête d'identité et un sentiment de perdition profond et de frustration qui régit sa vie. C'est la raison pour laquelle il fait confiance (bien évidemment, vous le comprenez d'emblée, c'est une erreur) aux forces spéciales de l'armée américaine. En échange de la participation dans certains coups fourrés sur le globe, nos barbouzes ont instauré tout un projet spécial visant à enfin comprendre qui est B et raviver les souvenirs de son passé, pour l'aider à vivre ou peut-être à enfin mourir (ou juste exploiter ses dons, ça va de soi). La scientifique qui est chargée de mener à bien les recherches tente de se rapprocher un peu plus intimement de son sujet, mais celui-ci garde ses distances, tout en semblant collaborer sincèrement avec les Américains, comme le montre un épisode où il est question d'une mission en terre étrangère, qui se transforme en fiasco et où il va sauver son camarade d'infiltration, au mépris de tous les dangers, grâce à sa science du terrain.

L'ultra violence donc, ça n'est pas la chose la plus simple à dessiner, tant le risque est de tomber dans le grand guignolesque ou la surenchère permanente. Il y a un dessinateur qui est extrêmement doué et qui s'appelle Ron Garney. Nous autres lecteurs en profitons. Le type a fait des progrès immenses depuis des années 1990, quand il officiait chez Marvel et désormais, c'est l'assurance d'une maîtrise totale, une sorte de John Romita Jr moderne, capable d'aller à l'épure tout en gardant une réelle attention aux personnages, aux détails, à tout ce qui compose le montage des planches. C'est clairement un atout important pour la série BRZRKR, qui propose un personnage principal touchant tout en étant extrêmement dangereux. Nous progressons 4 épisode à la fois chez Delcourt, c'est-à-dire qu'il faudra trois tomes pour compléter la série de base, sachant qu'aux États-Unis des numéros spéciaux et des appendices sont désormais en cours. Keanu Reeves est encore épaulé par Matt Kindt au scénario et l'ensemble garde toujours son mystère, tout en proposant et en suivant à la lettre quelques-uns des classiques (certains diront des poncifs) des comic books d'action d'il y a trente ans. Le fait est que quand c'est bien écrit, avec une certaine honnêteté, sans fioriture et dans le but de distraire le lecteur, ça marche encore assurément. 


Le tome 1 de BRZRKR chroniqué ici
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